BGU (Israël) : une gestion simple de l’habitat peut contribuer à protéger la diversité génétique des espèces animales

Une gestion relativement simple de l’habitat peut contribuer à protéger la diversité génétique des populations animales, selon une équipe de recherche de l’Université Ben-Gourion. Cette gestion, relativement simple, peut influencer la génétique des populations, offrant ainsi aux gestionnaires de la conservation la possibilité de favoriser la résilience génétique non seulement par des programmes d’élevage ou des translocations, mais aussi en modifiant la répartition des ressources essentielles dans la nature. Cette approche permet d’éviter des méthodes plus invasives susceptibles de nuire aux populations.

Une équipe de recherche de l’Université Ben-Gourion du Néguev en Israël a démontré comment la répartition des ressources à l’échelle d’un paysage peut façonner la structure d’accouplement, le succès reproductif et la diversité génétique des populations sauvages. Elle a également présenté un cadre pratique permettant aux gestionnaires d’utiliser la gestion des ressources pour influencer la diversité génétique de manière non invasive. La Dr Shirli Bar-David, le Pr Amos Bouskila et leur doctorante Noa Yaffa Kan-Lingwood ont démontré ce principe à travers une étude de cas portant sur la population d’ânes sauvages d’Asie (Equus hemionus) du désert du Néguev, en Israël. Cette population présente un système d’accouplement polygynique basé sur la défense des ressources : les mâles reproducteurs établissent des territoires près des points d’eau pour accéder aux femelles, ce qui confère à ces points d’eau une importance particulière pour la reproduction.

Noa Yaffa Kan-Lingwood doing fieldwork. Photo Credits: Ella Agra

« Nous avons constaté qu’augmenter le nombre de points d’eau disponibles, de un à trois, entraînait une augmentation substantielle du nombre de mâles reproducteurs territoriaux, passant de 16-18 % avant la mise en place des mesures de gestion à 42-48 % après », explique Noa Kan-Lingwood. Cette augmentation était également associée à une hausse significative de la variance de la taille effective de la population (Nev), un indicateur important de la diversité génétique, passant de 34,9 à 38,4. « Les nouveaux mâles reproducteurs ont été observés principalement à proximité des nouvelles sources d’eau, ce qui suggère l’établissement de nouveaux territoires et indique que les changements dans la répartition des ressources peuvent rapidement modifier les opportunités d’accouplement et améliorer la représentativité génétique des individus au sein de la population », explique Noa Kan-Lingwood. Le Dr Shirli Bar-David ajoute : « Ce principe s’applique également à d’autres espèces sociales menacées par de faibles effectifs et dépendantes de ressources limitées. Il s’agit d’une découverte importante et encourageante dans le contexte du changement climatique et du déclin continu des espèces.»

Ont également participé à cette étude : le Dr Liran Sagi, le Pr Alan R. Templeton, Mme Naama Shahar, M. Ariel Altman, Mme Nurit Gordon, le Pr Daniel I. Rubenstein et le Pr Amos Bouskila. Ces recherches ont été financées par la Fondation binationale scientifique États-Unis-Israël (subvention n° 2017288) et le Fonds Mohamed bin Zayed pour la conservation des espèces (subvention n° 232532597).

Publication dans Ecological Applications, 2 avril 2026

Traduction/adaptation Esther Amar pour Israël Science Info