Université de Tel-Aviv : le Prof. Alon Shepon lauréat du prix Planète Frontières 2026 pour le développement durable

Le Prix Planète de la Fondation de recherche suisse Frontières a annoncé les noms de 25 « Champions Nationaux » issus d’institutions de recherche leaders dans le monde réparties sur six continents, dont les travaux exceptionnels font progresser les solutions scientifiques aux défis auxquels l’humanité est confrontée dans le domaine de l’environnement et du développement durable. C’est le plus grand concours scientifique mondial axé sur la santé planétaire. Le Prof. Alon Shepon, de l’Ecole des études de l’environnement de l’Université de Tel-Aviv, a remporté le prix pour ses travaux sur les opportunités environnementales et sociales liées à la réduction de la consommation de sucre. 

Le Prof. Shepon est un chercheur renommé du Musée d’histoire naturelle Steinhardt et au Département de politiques publiques de l’Université de Tel-Aviv dans le domaine des systèmes alimentaires. Ses travaux portent sur les systèmes alimentaires terrestres et maritimes, et il examine les changements pratiques susceptibles de faire progresser des systèmes alimentaires durables.

Dans le cadre de ses recherches actuelles, qui lui ont valu ce prix, le Prof. Shepon et son équipe démontrent comment la réduction de la consommation mondiale de sucre par l’homme peut engendrer d’importants bénéfices environnementaux et sociaux, tout en identifiant des utilisations alternatives pour le sucre, notamment les biocarburants, les bioplastiques et comme matière première pour la production de protéines alternatives. L’importance de ce sujet, explique-t-il, réside dans le fait que le sucre représente environ un quart de la production agricole mondiale et a des conséquences environnementales et sanitaires considérables.

Le prix international Frontiers Planet récompense des recherches exceptionnelles menées à travers le monde qui contribuent à relever les défis environnementaux. Créé en 2022, ce prix récompense chaque année des chercheurs novateurs dans le domaine du développement durable, au nom de la Fondation de recherche Frontiers.

Les champions accèdent désormais à la phase finale de la compétition, où trois d’entre eux seront sélectionnés comme Champions internationaux plus tard cette année, qui recevront chacun 1 million de dollars pour développer leurs recherches à l’échelle mondiale.

« Les vingt-cinq lauréats nationaux du Prix Frontiers Planète 2026 illustrent la diversité des recherches dont nous avons un besoin urgent. Leurs travaux témoignent d’une excellence qui contribue à approfondir notre compréhension des systèmes terrestres et ouvre la voie à des solutions novatrices aux problèmes environnementaux les plus urgents », a déclaré le Prof. Johan Rockstörm, président du Jury.

Source Amis français de l’Université de Tel-Aviv

Résumé de ses travaux :

Le sucre est la principale culture agricole en termes de masse et sa consommation a connu une augmentation rapide à travers le monde. De vastes efforts de santé publique sont déployés pour limiter la consommation de sucre par le biais de politiques ciblées, compte tenu de son lien avec les maladies non transmissibles. Bien que la réduction de la consommation de sucre s’inscrive dans une démarche de régimes alimentaires durables répondant aux objectifs essentiels en matière d’environnement et de santé, une telle transition pourrait s’avérer complexe d’un point de vue politico-économique. Utiliser le sucre à d’autres fins, comme la production de protéines microbiennes, de biocarburants et de bioplastiques, ou encore valoriser les terres sucrières pour cultiver d’autres aliments, ou favoriser leur réensauvagement, pourrait offrir des avantages à la fois sanitaires et environnementaux, potentiellement plus acceptables politiquement.

Nous explorons ici plusieurs scénarios possibles afin d’illustrer l’éventail des options parmi lesquelles les acteurs nationaux et internationaux pourraient choisir des voies d’utilisation alternatives, adaptées au contexte local, pour le sucre ou les terres qui y sont associées. Bien que bénéfiques, ces alternatives nécessiteraient l’intégration de politiques environnementales, économiques et sanitaires pour assurer une transition alimentaire plus harmonieuse et réduire les tensions entre les parties prenantes. Étant donné le commerce du sucre en tant que matière première, des approches internationales indemnisant les producteurs de sucre pour la production évitée ou les incitant à réorienter le sucre vers d’autres usages seront nécessaires. De telles approches pourraient emprunter des concepts aux partenariats pour une transition juste qui ont été appliqués aux transitions des systèmes énergétiques afin d’assurer une transition pour les principaux exportateurs de cultures sucrières dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Publication sur PNAS, 13 novembre 2024