Marées noires : l’Université Ben Gourion (Israël) met au point un aérogel capable d’absorber 100 fois son poids en pétrole

L’aérogel développé par l’Université Ben Gourion du Néguev est capable d’absorber 100 fois son poids en pétrole capture et dégrade biologiquement la pollution pétrolière, offrant une approche prometteuse tant pour le confinement immédiat que pour la restauration environnementale à long terme. Les chercheurs ont mis au point une technologie innovante pour traiter la pollution par le pétrole brut et les carburants dans les milieux marins et aquatiques. Les déversements de pétrole et de carburant posent des défis environnementaux majeurs, contaminant l’eau et les sols tout en perturbant les écosystèmes marins. Si les méthodes de dépollution classiques se concentrent souvent sur le confinement ou l’élimination des polluants, cette nouvelle technologie est conçue pour assurer à la fois la capture immédiate des hydrocarbures et leur dégradation à plus long terme.Des expériences en laboratoire ont démontré que ce matériau peut adsorber environ 100 fois sa propre masse en pétrole brut, en carburant et en autres hydrocarbures.
Développée au sein du Laboratoire de biotechnologie environnementale de l’université, cette technologie repose sur une approche en deux étapes combinant adsorption physique et dégradation biologique en milieu aquatique, grâce à un aérogel poreux composé de fibres de cellulose enrichies en azote et en phosphore. Ces nutriments favorisent le développement de bactéries dégradant les hydrocarbures, permettant ainsi au matériau non seulement de capturer les polluants, mais aussi de faciliter leur dégradation biologique ultérieure. L’équipe de recherche, dirigée par le Pr Ariel Kushmaro et pilotée par le Dr Danit Lisa Karsagi Biron, de la Faculté d’ingénierie de l’Université Ben Gourion, a mis au point cet aérogel via un procédé incluant un enrichissement en nutriments, une lyophilisation et une pyrolyse. L’aérogel offre une surface de fixation aux bactéries, les mettant en contact étroit tant avec les hydrocarbures adsorbés qu’avec les nutriments dont elles ont besoin.Le système crée ainsi des conditions propices à la dégradation microbienne des polluants capturés.
Fait important, les chercheurs ont découvert que le processus peut finalement conduire à la biodégradation de l’aérogel cellulosique lui-même, réduisant potentiellement la nécessité de retirer et d’éliminer le matériau adsorbant contaminé après le traitement. « Ces résultats démontrent le potentiel de la méthode que nous avons développée en tant que plateforme polyvalente et durable pour traiter les déversements d’hydrocarbures dans les milieux aquatiques et marins. En combinant adsorption physique et biodégradation, cette technologie offre une alternative prometteuse et innovante aux méthodes conventionnelles, répondant à la fois aux besoins de confinement immédiat et de restauration environnementale à long terme », a déclaré le Pr Ariel Kushmaro. L’équipe de recherche comprenait également les Drs Hanna Barak, Barak Halpern et Esti Kramarski-Winter, Lee Sheli, Noa Azri, le Pr Shmuel Hayoun et le regretté professeur Alex Sivan, tous rattachés à l’Université Ben Gourion du Néguev.
Ces travaux de recherche ont bénéficié du soutien de la Fondation Abraham et Stella Goldstein-Goren, de la Chaire John A. Ungar de biotechnologie et du ministère de la Coopération régionale. La technologie fait actuellement l’objet d’une procédure de brevetage par l’intermédiaire de BGN Technologies, la société de valorisation technologique de l’Université Ben Gourion du Néguev. Ressources multimédias Vidéo : Une vidéo démontrant l’adsorption de carburant ou de pétrole par l’aérogel.L’aérogel repousse l’eau et absorbe le carburant, le pétrole et le pétrole brut selon un rapport de 1:100. Le processus d’adsorption ne prend que quelques secondes, éliminant ainsi la pollution du milieu marin.
Publication dans Chemical Engineering Journal Advances







