Des scientifiques appellent à une action plus globale pour sauver les coraux, tandis que le Consortium Art-Science pour les récifs coralliens est lancé afin de réunir artistes, designers et scientifiques pour protéger les écosystèmes les plus menacés de la planète. Les récifs coralliens disparaissent à un rythme sans précédent, victimes du changement climatique, des vagues de chaleur marines, de la pollution et de l’aménagement du littoral, qui menacent l’un des écosystèmes les plus riches de la planète. Si la recherche scientifique a considérablement amélioré notre compréhension de cette crise et des moyens de restaurer les récifs endommagés, un nouvel article international affirme que la science seule ne suffira pas à les protéger. Des chercheurs de l’Université Bar-Ilan et d’institutions de premier plan du monde entier appellent à une transformation profonde de la conservation des coraux, en intégrant la science à l’art, au design, à la culture et à l’engagement communautaire afin de sensibiliser le public et de susciter des actions concrètes.
Cet article a été co-écrit par le Pr Oren Levy de la Faculté des sciences de la vie Goodman de l’Université Bar-Ilan, en collaboration avec des chercheurs d’universités et d’organisations des États-Unis, d’Europe, d’Asie, d’Australie et de pays insulaires des océans Pacifique et Indien. Selon les auteurs, les récifs coralliens assurent la sécurité alimentaire, la protection des côtes, les moyens de subsistance et l’identité culturelle de centaines de millions de personnes à travers le monde. Or, ils continuent de décliner sous l’effet du changement climatique, de la surpêche, de la pollution et de la destruction de leur habitat. Pour faire face à cette crise, affirment-ils, il ne suffit pas d’innovations scientifiques et de restauration écologique : un engagement public et politique plus fort est également indispensable.
Les chercheurs proposent d’utiliser l’expression artistique et la création pour traduire des connaissances scientifiques complexes en expériences qui trouvent un écho émotionnel auprès de publics variés. En rendant les enjeux environnementaux plus concrets et plus significatifs pour chacun, l’art peut contribuer à encourager une participation plus large à la conservation des récifs coralliens. L’article met en lumière de nombreux exemples réussis, notamment des installations d’art environnemental, des documentaires, de la musique, de la danse, du graphisme, du design de produits et des projets d’art public, qui ont permis de sensibiliser le public à des problématiques environnementales complexes. Les auteurs s’intéressent tout particulièrement au rôle du design comme puissant outil de communication environnementale. Le design graphique peut transformer des données écologiques complexes en récits visuels captivants ; les designers de produits peuvent intégrer des concepts inspirés des récifs coralliens dans les objets du quotidien et les technologies biomimétiques ; les créateurs de mode peuvent sensibiliser le public grâce aux textiles et aux campagnes qui associent la beauté écologique aux choix des consommateurs ; et les architectes paysagistes peuvent intégrer des formes inspirées du corail dans les parcs, les berges et les espaces publics.
Ensemble, affirment-ils, ces disciplines peuvent contribuer à intégrer les récifs coralliens dans la culture quotidienne et la conscience collective. « Les récifs coralliens sont bien plus que de simples écosystèmes marins », écrivent les auteurs. « Pour de nombreuses communautés, ils sont essentiels à leurs moyens de subsistance, à leur patrimoine culturel et à leur identité locale.» Réunir scientifiques, artistes et communautés locales, soutiennent-ils, peut élargir l’engagement du public et renforcer le soutien à la conservation et à la restauration des récifs. Dans le cadre de cette vision, les chercheurs, sous la direction du Pr Levy, du Dr Or Ben-Zvi de l’Institut d’océanographie Scripps et de la Pr Mónica Medina de l’UCLA, ont créé le Consortium Art-Science du Corail, une initiative à but non lucratif dédiée à la sensibilisation, à la conservation et à la restauration des récifs coralliens grâce à des collaborations entre scientifiques, artistes, éducateurs, décideurs politiques et communautés du monde entier.
Le nouveau site web du consortium centralise la participation internationale, les projets créatifs, les ressources pédagogiques et les opportunités de collaboration. Le Consortium Art-Science du Corail vise à connecter et à amplifier les initiatives existantes à travers le monde tout en favorisant de nouvelles collaborations. Parmi les activités prévues figurent des expositions, des événements publics, des programmes éducatifs, des initiatives de narration numérique, des projets de participation citoyenne et des partenariats qui placent la conservation des récifs au cœur du débat public. Israël est représenté au sein du consortium par deux créateurs de renommée internationale.
Le Pr Ezri Tarazi, designer industriel au Design-Tech Labat du Technion et fondateur du studio Tarazi, a été un pionnier dans des projets alliant design, écologie marine et structures récifales biomimétiques imprimées en 3D, notamment des travaux de restauration aux Fidji. L’artiste et designer internationale Tzuri Gueta a récemment présenté VISION à la Biennale Révélations, une installation sculpturale immersive visant à créer un lien émotionnel entre les spectateurs et les écosystèmes coralliens. Les auteurs concluent par un appel aux scientifiques, artistes, éducateurs, décideurs politiques et communautés locales afin qu’ils unissent leurs efforts pour transformer la prise de conscience de la crise des récifs coralliens en actions collectives. À travers le Consortium Art-Science des Récifs Coralliens, ils espèrent bâtir un mouvement mondial.