Université Bar-Ilan : deux chercheurs obtiennent de bourses ERC Starting Grants pour plus de 4 M$

Deux chercheurs de l’Université Bar-Ilan ont reçu de prestigieuses bourses « ERC Starting Grants » du Conseil européen de la recherche (ERC), obtenant un financement cumulé de 3 472 380 € (plus de 4 M$) pour mener des recherches novatrices qui remettent en cause des hypothèses établies dans les domaines de la santé mentale et de l’informatique. La Pr Reuma Gadassi-Polack, de la Faculté d’éducation et du Centre de recherche sur le cerveau Gonda, a reçu 1 973 365 € (2,3 M$), tandis que le Dr Arnold Filtser, du Département d’informatique et d’intelligence artificielle, a obtenu 1 499 015 € (1,74 M$). Ces bourses soutiennent des recherches qui apportent un regard nouveau sur des questions fondamentales dans deux domaines très différents. Mme Gadassi-Polack remet en question les idées reçues concernant le sens de l’influence au sein des familles, tandis que M. Filtser développe de nouveaux outils algorithmiques destinés à des contextes où les mesures de distance, de coût ou de dissimilarité ne satisfont pas aux propriétés mathématiques définissant une métrique.
La Pr Reuma Gadassi-Polack, de la Faculté d’éducation et du Centre de recherche sur le cerveau Gonda, également psychologue clinicienne en exercice, utilise sa bourse ERC pour remettre en question la manière dont les chercheurs ont traditionnellement étudié la santé mentale au sein des familles. La plupart des recherches sur la dépression et l’anxiété infantiles se sont concentrées sur l’impact des parents sur leurs enfants, que ce soit par la génétique, les symptômes des parents eux-mêmes, les comportements parentaux ou une combinaison de ces facteurs. Le projet « Child2Parent » de Mme Gadassi-Polack inverse cette perspective en posant une question largement négligée : les difficultés émotionnelles des enfants peuvent-elles également affecter la santé mentale de leurs parents ? Le projet développera le premier modèle mécaniste de transmission des symptômes de l’enfant vers le parent, en se concentrant sur les processus quotidiens par lesquels les parents aident leurs enfants à réguler leurs émotions (c’est-à-dire à modifier l’intensité et la durée de l’expérience et de l’expression émotionnelles).
Mme Gadassi-Polack étudiera des duos mère-adolescent en combinant des mesures hormonales, l’imagerie cérébrale et des informations recueillies sur la vie quotidienne des participants. En déplaçant l’attention de ce que les parents font subir à leurs enfants vers ce que les enfants peuvent (involontairement) faire subir à leurs parents, ce projet pourrait offrir une nouvelle compréhension de la manière dont les troubles de santé mentale se développent et se propagent au sein des familles, et contribuer in fine à orienter des interventions soutenant la famille dans son ensemble. Le Dr Arnold Filtser, du département d’informatique et d’intelligence artificielle de l’université Bar-Ilan, développe des outils algorithmiques adaptés à des contextes où la distance ne suit pas les règles classiques d’un espace métrique. De nombreux algorithmes utilisés pour le routage, la recherche de données, la conception de réseaux et le regroupement d’objets similaires reposent sur les plongements métriques (metric embeddings), une technique mathématique puissante conçue principalement pour les espaces métriques.
Or, de nombreuses mesures importantes de coût, de distance ou de dissimilarité ne constituent pas des métriques. Dans un espace métrique, la distance de A à B est identique à celle de B à A, et le trajet de A à B en passant par un point intermédiaire ne peut être plus court qu’un trajet direct. Dans le monde réel, les coûts ne respectent pas nécessairement ces règles : un vol de A vers B peut avoir un coût différent d’un vol de B vers A, et un itinéraire avec escale peut s’avérer moins onéreux qu’un vol direct. Le projet du Dr Filtser, financé par l’ERC et intitulé « (Non) Metric Embeddings », vise à étendre la puissance des outils de plongement métrique à ces contextes non métriques. Les plongements métriques remplacent des données de distance complexes par une représentation plus structurée tout en préservant approximativement les distances, ce qui permet aux algorithmes d’exploiter cette structure supplémentaire.
En développant des outils analogues pour les distances non métriques, ce projet pourrait conduire à des algorithmes plus efficaces pour les réseaux de transport et de communication, améliorer la conception des réseaux et ouvrir de nouvelles voies pour résoudre des problèmes que les techniques métriques actuelles ne permettent pas d’aborder de manière adéquate. La bourse « Starting Grant » de l’ERC est l’un des programmes de financement européens les plus prestigieux destinés aux chercheurs prometteurs en début de carrière. Attribuées par le Conseil européen de la recherche (ERC), ces bourses soutiennent des chercheurs au parcours exceptionnel qui poursuivent des idées ambitieuses et innovantes, susceptibles d’avoir un impact significatif dans leur domaine. Ces deux bourses témoignent de l’étendue de la recherche menée à l’université Bar-Ilan, où les chercheurs remettent en question des idées reçues et développent de nouvelles approches pour des questions fondamentales touchant diverses disciplines, allant de la dynamique de la santé mentale au sein des familles aux fondements mathématiques des réseaux complexes. Ce nouveau financement de 4 millions de dollars de l’ERC renforce encore le rayonnement international croissant de l’université Bar-Ilan en matière de recherche ainsi que sa position parmi les principaux établissements de recherche israéliens.
Traduction/adaptation Esther Amar pour Israël Science Info







