Protéine Sirt6 : l’Université Bar-Ilan montre comment une protéine régule une molécule clé de la longévité et ouvre la voie à de nouvelles thérapies

La découverte de l’Université Bar-Ilan (BIU) concernant une protéine qui régule avec précision une molécule essentielle à la longévité ouvre de nouvelles perspectives. Ce mécanisme biologique clé contribue à maintenir l’organisme en meilleure santé plus longtemps. L’étude explique comment la protéine Sirt6 régule finement une molécule cruciale pour la longévité, protégeant ainsi contre le déclin et les maladies liés à l’âge. Ces travaux éclairent d’un jour nouveau la façon dont l’organisme maintient son équilibre au fil du vieillissement et pourraient ouvrir la voie à de futures thérapies visant à prolonger la durée de vie en bonne santé.

Un régulateur clé du vieillissement en bonne santé
La protéine Sirt6 intrigue depuis longtemps les scientifiques qui étudient le vieillissement. Souvent décrite comme un régulateur clé de la longévité, il a été démontré qu’elle protège contre un large éventail de pathologies liées à l’âge, notamment le cancer, le diabète, l’inflammation chronique et la fragilité physique. Ses effets ressemblent fortement à ceux de la restriction calorique, une intervention diététique reconnue pour prolonger la durée de vie et renforcer les systèmes de réparation naturels de l’organisme chez de nombreux modèles animaux. Mais jusqu’à présent, les chercheurs ne comprenaient pas pleinement comment Sirt6 produit ces puissants effets protecteurs.
Le rôle surprenant d’une minuscule molécule de gaz
L’un des bienfaits les plus connus de la restriction calorique est sa capacité à stimuler la production de sulfure d’hydrogène (H₂S), une petite molécule de gaz aux effets considérables. En quantité adéquate, H₂S favorise la cicatrisation, la santé cardiovasculaire, les fonctions cérébrales et la résilience cellulaire. La nouvelle étude montre que les niveaux de sulfure d’hydrogène diminuent naturellement avec l’âge, affaiblissant ces systèmes protecteurs. Cette baisse pourrait expliquer en partie pourquoi les tissus vieillissants deviennent plus vulnérables aux maladies et aux dommages au fil du temps.
La précision, et non l’excès
L’équipe de recherche de Bar-Ilan a découvert que Sirt6 imite les bienfaits de la restriction calorique, mais avec une précision remarquable. Plutôt que d’augmenter simplement les niveaux de sulfure d’hydrogène de manière générale, Sirt6 en régule finement la production, la stimulant lorsque cela est bénéfique tout en empêchant une surproduction dangereuse. « Cette protéine agit comme une sorte de régulateur interne de l’organisme », explique le Pr Haim Cohen, qui a dirigé l’étude. « La Sirt6 joue un rôle de régulateur : elle stimule la production de sulfure d’hydrogène lorsqu’elle est bénéfique à la santé, tout en la maintenant sous contrôle strict pour éviter tout effet nocif. » Cet équilibre s’avère crucial. Si le sulfure d’hydrogène est protecteur à faibles concentrations, un excès peut être toxique. L’étude montre qu’un vieillissement en bonne santé dépend moins de la maximisation des molécules de longévité que du maintien de leur concentration optimale.
Une nouvelle approche de la longévité
Ces résultats remettent en question une hypothèse courante dans la recherche sur le vieillissement, selon laquelle une plus grande quantité d’une « bonne » molécule est toujours préférable. L’étude souligne plutôt l’importance de l’équilibre métabolique comme pierre angulaire de la santé à long terme. « Nos résultats révèlent l’une des stratégies naturelles de l’organisme pour préserver sa santé au cours du vieillissement », conclut le Pr Cohen. « En comprenant comment Sirt6 contrôle précisément le sulfure d’hydrogène, nous acquérons de nouvelles connaissances sur les mécanismes moléculaires du vieillissement en bonne santé et identifions des cibles prometteuses pour des interventions visant à ralentir le déclin lié à l’âge. »
S’appuyer sur un corpus croissant de recherches sur la longévité
Cette étude s’appuie sur des années de travaux du Pr Cohen et de son équipe, démontrant que Sirt6 prolonge la durée de vie des mammifères et les protège contre de nombreuses maladies liées à l’âge. Ces recherches vont plus loin en révélant comment Sirt6 exerce ces effets au niveau moléculaire.
Les travaux ont été menés au Centre Sagol pour la longévité humaine et la santé de l’Université Bar-Ilan, sous la direction du Pr Cohen et de la doctorante Noga Touitou. Ils ont été réalisés en collaboration avec le laboratoire du Pr Rafael de Cabo à l’Institut national du vieillissement de Baltimore, dans le Maryland. Cette étude a bénéficié du soutien financier du Centre Sagol pour la longévité humaine et la santé, de la Fondation binationale pour la science, de la Fondation israélienne pour la science et du ministère de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie. Ensemble, ces résultats placent l’Université Bar-Ilan à l’avant-garde de la recherche mondiale sur la longévité, faisant progresser notre compréhension de la façon dont le corps se protège au fil du temps et de la façon dont la science pourrait un jour aider davantage de personnes à vieillir en bonne santé, en force et en résilience.