Première ! Capture du CO2, l’UHJ (Israël) passe de milliers d’années à quelques heures

Des chercheurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem ont réussi à accélérer un processus naturel qui prend normalement des milliers d’années, créant ainsi une « machine » de laboratoire pour capturer le dioxyde de carbone. Leurs résultats définissent les conditions pratiques permettant de reproduire en laboratoire un processus naturel de capture du carbone et d’en faire une base technique pour le développement de futurs systèmes de réduction des émissions dans les centrales électriques et l’industrie.
Une nouvelle étude montre comment le calcaire, la dolomie et l’eau de mer peuvent être utilisés comme système naturel d’absorption du carbone et contribuer à réduire les émissions des centrales électriques. En faisant circuler du CO₂ et de l’eau de mer à travers des colonnes remplies de ces roches communes, l’équipe a démontré une méthode contrôlable pour piéger le carbone en toute sécurité sous forme dissoute, au lieu de le laisser s’échapper dans l’atmosphère. Le système est déjà fonctionnel, mais ne capture actuellement qu’une partie du CO₂, ce qui ouvre la voie à des améliorations techniques pour une technologie de capture du carbone pratique et inspirée de la nature.
On pourrait donc accélérer un processus géologique très lent, qui prend des milliers d’années dans la nature, pour qu’il se déroule en quelques heures, afin de ralentir le réchauffement climatique ? C’est ce qu’ont fait Noga Moran, le Dr Yonaton Goldsmith de l’Université hébraïque de Jérusalem et le Dr Eyal Wargaft de l’Open University (Israël). L’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère est responsable du réchauffement climatique et des changements climatiques. Cette nouvelle étude propose une méthode pour limiter les émissions de dioxyde de carbone des centrales électriques, ce qui pourrait contribuer à atténuer le réchauffement.
Élimination naturelle du carbone
Dans la nature, le dioxyde de carbone se dissout dans l’eau de pluie, formant une solution légèrement acide. Cette eau s’infiltre à travers les roches calcaires et dolomitiques, réagit avec elles et forme des ions bicarbonate, une forme dissoute de carbone, qui sont transportés par les rivières jusqu’aux océans. Ce processus est l’un des principaux mécanismes par lesquels la Terre élimine le dioxyde de carbone de l’atmosphère. Cependant, il est très lent et limité par la disponibilité en eau, en dioxyde de carbone et par la surface de la roche. À lui seul, il est bien trop lent pour réduire significativement l’intensité du réchauffement climatique. Cette étude examine comment accélérer et contrôler ce processus au sein d’un réacteur reproduisant les conditions naturelles. Capture du carbone en réacteur Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont construit un réacteur transparent de grande hauteur, rempli de calcaire et de dolomie, dans lequel ils ont fait circuler de l’eau de mer et du dioxyde de carbone. Ils ont ainsi pu « compresser » un processus naturel très lent, l’altération des carbonates, en une expérience contrôlée. L’étude montre comment optimiser ce processus dans un réacteur.
Entre autres, les chercheurs ont :
• Identifié un rapport optimal CO₂/eau de mer pour lequel le système utilise le dioxyde de carbone le plus efficacement.
• Constaté qu’un recyclage modéré du gaz améliore la réaction, tandis qu’une circulation excessive réduit son efficacité.
• Démontré l’importance de la granulométrie : les grains plus fins entraînent une plus grande dissolution du carbone total, tandis que les grains plus gros créent des voies de passage plus fluides, accélérant ainsi la réaction.
• Démontré que la dolomie pourrait être une roche plus adaptée à la capture du carbone, car elle ne produit pas de précipités de carbonate secondaires susceptibles de libérer du carbone dans l’atmosphère.
• L’efficacité globale du système a été mesurée : actuellement, seulement 20 % environ du CO₂ introduit est converti en carbone dissous, ce qui suggère que des améliorations techniques pourraient considérablement accroître les performances.
« L’objectif était de comprendre ce qui se passe réellement lorsque des roches carbonatées sont exposées à de fortes concentrations de dioxyde de carbone. Une fois les conditions optimales du processus identifiées, nous avons pu constater comment un phénomène naturel et lent se transforme en un processus contrôlé, mesurable et ajustable », explique Noga Moran.
L’étude est dédiée à Feu le Dr Eyal Wargaft, initiateur de la recherche et maître de conférences à l’Open University, « un scientifique brillant et un professeur exceptionnel, convaincu que la science faisait partie de la solution de la crise climatique, son influence s’est fait sentir à chaque étape de ce travail », a déclaré Noga Moran.
Publication dans Environmental Science & Technology, revue de référence de l’American Chemical Society, 8 décembre 2025







