Israël : approbation du premier plan national d’aménagement du territoire pour les installations agrivoltaïques

Le gouvernement israélien a validé le tout premier plan national d’aménagement consacré aux installations agrivoltaïques. Cette décision intervient environ un mois après son approbation par le Conseil national de l’aménagement du territoire et de la construction. Pourtant, malgré cette validation officielle, le document intégral n’a pas encore été rendu public, et plusieurs professionnels du secteur des énergies renouvelables indiquent ne pas avoir pu en prendre connaissance.

Les installations agrivoltaïques associent production agricole et production d’électricité solaire sur une même parcelle. Le plan adopté prévoit notamment l’autorisation de projets pilotes de différentes natures. Les acteurs du marché espèrent que ce cadre réglementaire encouragera désormais les collectivités locales à délivrer davantage d’autorisations pour ce type d’initiatives.

Dorit Bennett, spécialiste des énergies renouvelables, salue une avancée significative : « le plan crée un cadre favorable en réservant des surfaces relativement importantes à de nouveaux projets expérimentaux. Toutefois, la réussite dépendra d’une grande souplesse de la part des autorités de planification et du secteur agricole, et d’un suivi attentif des résultats obtenus sur le terrain« .

L’agrivoltaïsme demeure un domaine encore émergent. Israël figure parmi les pays pionniers en la matière, notamment grâce à des essais menés dans le Néguev. Cependant, le passage à des installations à grande échelle constitue une étape inédite. Même si certaines expérimentations ont donné des résultats prometteurs, le secteur reste en phase d’apprentissage.

Un équilibre à trouver

La difficulté majeure réside dans l’équilibre à trouver entre rendement agricole et production énergétique : permettre aux cultures de bénéficier d’un ensoleillement optimal tout en exploitant au mieux la lumière pour générer de l’électricité. Or, atteindre cet équilibre est complexe. Une conception inadéquate peut réduire les performances énergétiques ou nuire aux cultures. L’adaptation des technologies à différents types de plantations exige encore de nombreux travaux de recherche, même si le potentiel d’innovation et de développement est considérable.

Le projet suscite des réactions contrastées dans le monde agricole. Certains agriculteurs redoutent qu’une mise en œuvre mal maîtrisée ne transforme progressivement les terres cultivées en simples champs de production énergétique. Pour d’autres c’est l’opportunité de diversifier leurs revenus, de renforcer la résilience de leurs exploitations et de participer à la transition énergétique.

Normes de conception uniformes

Le ministère de l’Énergie précise que le programme instaure des normes de conception uniformes pour garantir la solidité et la fiabilité des installations, condition indispensable à leur déploiement à grande échelle.

Un défi structurel demeure : l’état du réseau électrique israélien. Depuis les années 1990, le développement des infrastructures n’a pas toujours suivi le rythme de la croissance démographique, en partie en raison de désaccords passés entre le ministère des Finances et la Compagnie d’électricité avant la réforme du secteur. Cette situation complique le raccordement de nouvelles capacités de production au réseau, notamment lorsqu’elles sont éloignées des grands centres urbains. Bien que d’importants investissements aient récemment été engagés pour moderniser les infrastructures, ces contraintes pourraient ralentir la mise en œuvre du plan.

Yossi Dayan, directeur général du ministère de l’Énergie et des Infrastructures, qualifie « l’approbation gouvernementale d’étape décisive dans la stratégie énergétique nationale. L’agrivoltaïsme offre une solution intelligente pour augmenter la part des énergies renouvelables tout en maintenant l’activité agricole. Cette technologie constitue un levier essentiel pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030 et renforcer la résilience du pays à long terme« .

Pour Rafi Elmaleh, directeur général de l’Autorité de planification, « cette initiative s’inscrit dans une vision globale d’optimisation de l’usage des sols. Face aux défis climatiques et à la hausse des besoins énergétiques, l’agrivoltaïsme permettrait de préserver les espaces naturels en évitant leur conversion exclusive en infrastructures énergétiques. Ce plan national s’intègre dans un processus plus large d’élaboration de plans régionaux, au sein desquels seront étudiées, pour chaque territoire, les solutions énergétiques les mieux adaptées à ses caractéristiques et à ses besoins spécifiques« .