Déchets, réchauffement, espèces invasives… Israël publie son rapport national de surveillance de la Méditerranée

Publié conjointement par le ministère israélien de la Protection de l’environnement, le ministère de l’Énergie et des Infrastructures et l’Institut israélien de recherche marine et lacustre (IOLR) le récent rapport national de surveillance de la Méditerranée pour 2024 est une vaste étude qui se compose de 4 rapports : suivi de la biodiversité (sur ce lien), suivi de la pollution marine (sur ce lien), suivi des déchets marins y compris le golfe d’Eilat (sur ce lien), suivi des changements climatiques et du système hydrographique (sur ce lien).
Ces rapports dressent un tableau préoccupant de l’état de la mer Méditerranée en Israël et ses conclusions indiquent une augmentation de la température de la couche supérieure de l’eau de 0,05 C° par an. De plus, le niveau de la mer a augmenté de 15 cm depuis 1992, et la salinité et l’acidification de l’eau de mer continuent de croître – autant de conséquences du changement climatique. Le rapport souligne toutefois certaines tendances positives, comme le rétablissement du castor, une espèce importante qui contribue à la construction de la corniche des digues et les protège ainsi de la déferlante. Ce rapport se veut un outil essentiel pour la planification, la prise de décision et la planification à long terme des politiques environnementales en matière de protection du milieu marin.
Le programme national de surveillance élargi d’Israël est opérationnel depuis 2019, grâce à un financement conjoint du Fonds de prévention de la pollution marine du ministère de la Protection de l’environnement et du ministère de l’Énergie et des Infrastructures. Sa mise en œuvre est confiée à la Société israélienne d’exploration marine et lacustre, conformément à l’engagement de l’État d’Israël dans la Convention de Barcelone. Ce programme unifie le programme de surveillance des eaux côtières du ministère de la Protection de l’environnement, en place depuis 1978, et le programme de surveillance des grands fonds marins du ministère de l’Énergie et des Infrastructures, en place depuis 2012. Chaque année, ces organismes publient un rapport de surveillance présentant des informations sur les tendances en matière de changement climatique, de pollution marine et de biodiversité marine.
Le programme est piloté par le chief scientist du Ministère de la Protection de l’Environnement et l’équipe du chief scientist, en collaboration avec la Direction des Ressources Naturelles du Ministère de l’Énergie et des Infrastructures et l’Unité Nationale de Protection du Milieu Marin du Ministère de la Protection de l’Environnement. Ensemble, ils encadrent et coordonnent la mise en œuvre du programme annuel, élément essentiel de la prise de décision concernant le milieu marin et côtier en Israël. Les données de surveillance constituent une base d’informations à long terme sur l’état du milieu marin et influencent ainsi la définition de la politique environnementale, la planification réglementaire (ESDRA) et son application dans une perspective globale et prospective.
La ministre de la Protection de l’Environnement, Idit Silman, a déclaré : « Le Rapport national de surveillance 2024 pour la mer Méditerranée illustre clairement les défis complexes auxquels est confronté le milieu marin d’Israël : réchauffement climatique, pollution et déchets, ainsi qu’une pression croissante sur la biodiversité. Les conclusions du rapport soulignent la nécessité de poursuivre la réduction des sources de pollution et des pressions humaines sur la mer et les côtes. Le Ministère de la Protection de l’Environnement continuera de collaborer avec les ministères et les organismes professionnels afin de promouvoir la réglementation, son application et la restauration de l’environnement, pour protéger la mer Méditerranée pour les générations futures.»
Le ministre de l’Énergie et des Infrastructures, Eli Cohen, a souligné : « Le ministère de l’Énergie et des Infrastructures investit des sommes considérables dans la surveillance des grands fonds marins afin de garantir un développement fondé sur les connaissances et un suivi précis des données, notamment dans le contexte actuel de changements climatiques et d’évolutions technologiques, tant terrestres que maritimes. Le ministère de l’Énergie est responsable du développement des infrastructures énergétiques en mer, telles que l’exploitation des gisements de gaz, le refroidissement des centrales électriques et le dessalement de l’eau de mer. L’espace maritime israélien constitue une ressource nationale qui pourra également servir, à l’avenir, au développement d’une économie bleue grâce à des technologies contribuant à la réalisation des objectifs énergétiques et climatiques de l’État d’Israël de manière durable, tout en préservant l’état environnemental de la mer Méditerranée conformément aux traités internationaux et en garantissant la sécurité des infrastructures maritimes nationales. Le développement durable repose sur l’accumulation de connaissances au fil du temps.»
Alon Zsak, directeur général de l’IOLR, a précisé : « Le programme national de surveillance mis en œuvre par l’IOLR constitue une infrastructure scientifique de long terme, fonctionnant sans interruption depuis des décennies et représentant un pilier central de l’engagement de l’État d’Israël envers la Convention de Barcelone. Même en 2024, malgré d’importantes contraintes, notamment des problèmes de sécurité, des perturbations de la navigation GPS et des limitations des laboratoires, les chercheurs et les équipes marines de l’Institut ont déployé des efforts professionnels constants pour assurer la continuité et la qualité des données, conscients de l’importance d’informations fiables sur la durée. Les conclusions du rapport de 2024 indiquent un réchauffement continu et significatif des eaux de la mer Méditerranée, une accélération de la montée du niveau de la mer et une intensification des processus de pénétration des espèces invasives et de disparition des espèces indigènes – autant de phénomènes qui modifient la structure de l’écosystème marin de notre région.»
En outre, le rapport documente des tendances positives spécifiques, notamment l’amélioration de la qualité de l’eau dans le sud de la baie de Haïfa, le rétablissement d’espèces essentielles aux habitats côtiers et la diminution du nombre de sacs plastiques sur les plages, qui témoignent de l’efficacité des politiques, réglementations et mesures d’application fondées sur des données scientifiques. Les données produites par l’Institut dans le cadre du programme de surveillance constituent un outil essentiel pour appuyer la prise de décision et en évaluer l’efficacité à long terme, pour évaluer les risques environnementaux et sanitaires et pour planifier la gestion des ressources marines à long terme. À l’heure où le changement climatique s’accélère et où les pressions humaines s’accroissent, un investissement continu dans la surveillance scientifique est indispensable pour préserver la résilience du milieu marin israélien et sa capacité à relever les défis futurs.
Principales conclusions
Surveillance des impacts du changement climatique Ce chapitre présente les mesures des tendances de la température, du niveau et de la salinité de l’eau de mer, entre autres. Les résultats obtenus témoignent clairement de l’impact du réchauffement climatique sur le milieu marin, tel que mesuré localement dans les eaux de la mer Méditerranée israélienne.
Réchauffement de la couche supérieure de la mer
Une analyse actualisée des données montre que le rythme de réchauffement de la couche supérieure de l’eau de mer en Méditerranée orientale est conforme aux prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et se situe autour de 0,05 C° par an. Cette situation préoccupante affecte la faune et la flore marines locales, qui peinent à s’adapter à la hausse des températures.
Élévation du niveau de la mer
Entre 1992 et 2024, le niveau de la mer Méditerranée s’est élevé d’environ 15 cm, soit un rythme moyen d’environ 4,7 mm par an. Ce rythme est considéré comme rapide comparé au rythme mondial de 3,4 mm par an publié par le GIEC. L’élévation du niveau de la mer affectera l’ensemble du littoral de l’État d’Israël, et l’un des principaux dangers est celui des inondations lors des tempêtes.
Progression de l’acidification lente des eaux marines
Cette acidification est due à l’augmentation de la proportion de dioxyde de carbone présent dans l’air qui pénètre dans le milieu marin. Il est possible que l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone résulte du rejet de ce gaz par des sources marines, en raison du réchauffement des océans. Le principal problème de l’acidification des eaux marines est que la mer, qui jusqu’à présent jouait le rôle de puits de carbone, devient une source d’émissions supplémentaires de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, contribuant ainsi à l’aggravation du changement climatique et à l’augmentation de la fréquence des événements extrêmes. De plus, l’acidification des océans compromet la capacité des espèces marines, comme les huîtres et les coraux, à investir et à construire un squelette calcaire.
Biodiversité
Ce chapitre porte sur le suivi des paramètres biologiques, tels que la richesse et la diversité des espèces, ainsi que sur l’état de la vie marine dans la colonne d’eau, sur les fonds meubles et les fonds rocheux. Les résultats présentés mettent en évidence les changements survenus dans la flore et la faune des côtes et des eaux israéliennes, changements directement imputables à l’activité humaine (pollution, surpêche, espèces invasives) et au réchauffement, à l’acidification et à la salinisation de la mer.
Espèces invasives
Le réchauffement des eaux favorise l’établissement d’espèces invasives qui ont envahi la mer Rouge et qui modifient radicalement la composition de la flore et de la faune méditerranéennes. Les résultats du suivi montrent que la proportion d’espèces invasives parmi la faune vivant sur les fonds sableux demeure stable mais élevée, à un niveau similaire à celui observé entre 2022 et 2023. Les espèces invasives représentent plus de la moitié des proies capturées dans le filet d’échantillonnage, quelle que soit la profondeur testée. Lors de l’échantillonnage de 2024, la proportion d’espèces invasives variait de 68 % à 40 mètres de profondeur à 55 % à 80 mètres et plus. Sur les fonds rocheux, la tendance se poursuit avec l’implantation d’espèces invasives telles que l’algue rouge invasive Asparigopsis tocxiformis. Cette algue toxique, non consommée par les poissons et les invertébrés de la mer Méditerranée, prolifère sans contrôle. Les tempêtes estivales détachent l’algue des rochers, qui s’accumule sur les plages, causant des nuisances, notamment sur le littoral de Krayot. Parmi les autres espèces invasives qui se sont implantées et se reproduisent sur le substrat rocheux figurent l’oursin Pterois miles et l’oursin de la famille des baudroies, que l’on trouvait jusqu’à récemment sur les côtes d’Eilat. Ces espèces sont venimeuses et constituent également une nuisance pour l’homme. Les oursins se sont principalement établis comme prédateurs efficaces de petits poissons sur les récifs rocheux.
Disparition d’espèces locales
Depuis 2023, deux espèces de poissons locales, autrefois communes dans les filets des chalutiers, ont brillé par leur absence : le rouget (nom vernaculaire : rouge de Barbarie, Sultan Ibrahim) et le sarrat (nom vernaculaire : Marmir). Ce constat alarmant a été confirmé par le suivi de 2024. On craint que les espèces locales, qui préfèrent les eaux tempérées, ne disparaissent en raison du réchauffement des océans. Sur les crêtes de Kurkar, une tendance pluriannuelle se poursuit : les algues locales disparaissent et sont remplacées par des algues invasives. Autrefois, les algues locales formaient de hautes « forêts » qui servaient d’habitat à de petits animaux. Les algues invasives, plus petites, ne créent pas les mêmes conditions favorables, ce qui affecte l’ensemble de l’écosystème. En 2022, le rapport de surveillance a documenté un épisode de sécheresse inhabituel dans les sédiments, ayant entraîné la mort d’invertébrés fixés aux rochers, comme le gastéropode tsalhihit. Ces épisodes de sécheresse inhabituels sont généralement dus à des marées basses extrêmes et à de forts vents d’est. Un événement similaire a également été enregistré en avril 2024.
Qualité des eaux de la mer Méditerranée en Israël
Ce chapitre présente la surveillance des polluants dans l’eau de mer, sur les fonds marins, dans les estuaires, les cours d’eau et dans les tissus des animaux marins, en mer et au mouillage le long des côtes israéliennes. Les résultats de cette surveillance constituent une source d’information fiable permettant de comparer les résultats de la surveillance locale obligatoire pour les titulaires d’autorisations de rejet et d’immersion en mer. Les résultats de la surveillance de 2024 indiquent une augmentation continue de la contamination des fonds marins par le mercure et le cadmium dans la partie sud de la baie de Haïfa.
Contamination métallique des fonds marins de la baie de Haïfa
La baie de Haïfa présente une contamination historique par les métaux provenant de deux sources : les usines qui rejettent leurs eaux usées dans le Kishon, au sud de la baie, et l’usine d’électrochimie d’Acre, fermée en 2004. Au nord de la baie, on observe une diminution des concentrations de mercure, qui atteignent désormais des niveaux de contamination modérés. Le mercure ayant pénétré le sous-sol sur le site de l’usine d’électrochimie continue de s’infiltrer dans la mer par les eaux souterraines. Bien que les résultats de la surveillance indiquent une amélioration continue de la situation en matière de contamination métallique dans la baie, le rythme de la restauration est très lent en raison de cette contamination historique. Les travaux de restauration des sols et des eaux, notamment le dragage de la fosse sur le site de l’ancienne usine d’électrochimie, mené ces dernières années par la société Tidhar sous la supervision du ministère de la Protection de l’environnement, devraient contribuer à accélérer la restauration. Au sud du golfe, on constate une augmentation et des concentrations anormales de cadmium et de mercure au fond de la baie au fil des ans.
Qualité de l’eau dans les ports de plaisance et les mouillages
La qualité de l’eau dans les mouillages demeure stable et conforme aux normes internationales. Cependant, une contamination historique persiste, due à des composés d’étain TBT provenant de peintures antisalissures utilisées autrefois sur les navires. Ces composés mettent des siècles à se décomposer ; par conséquent, même après l’interdiction de ces peintures en Israël, leurs résidus continueront de se déposer au fond marin pendant longtemps.
Reprise de la hausse des concentrations de mercure dans les poissons comestibles
Au nord du golfe d’Acre, une augmentation des concentrations de mercure dans les poissons comestibles a été constatée. Une étude menée pour identifier la source de cette contamination a mis en évidence la présence d’eaux souterraines contaminées sur le site de l’ancienne usine Electrochemical Industries. Ces eaux, désormais abandonnées, étaient contaminées par du mercure et d’autres polluants organiques. Ces dernières années, de fortes concentrations de mercure ont été mesurées dans les sargasses et les barbottes rouges du golfe d’Acre. Cette tendance s’est poursuivie en 2024 : des concentrations de mercure supérieures à la norme européenne (plus stricte que la norme israélienne) autorisée pour la consommation ont été relevées dans 75 % des poissons prélevés (24 sur 32). Cette augmentation pourrait être due à une hausse des précipitations en 2023, qui a entraîné un apport supplémentaire de mercure dans la mer via les eaux souterraines. Un plan de réhabilitation du site de l’ancienne usine électrochimique (Golfe Nord) est en cours de mise en œuvre, sous l’égide d’une équipe interministérielle composée de représentants de la Direction des Terres et de l’Unité nationale de protection du milieu marin du ministère de la Protection de l’environnement, ainsi que de représentants de l’Autorité de l’eau et du ministère de la Santé. La réhabilitation des eaux souterraines n’ayant pas encore débuté, les chercheurs estiment que du mercure sera encore présent dans les poissons comestibles dans les années à venir. Les eaux des cours d’eau côtiers présentent toujours des concentrations anormales et problématiques d’engrais. La majeure partie de cette pollution provient du rejet d’eaux usées de mauvaise qualité issues des stations d’épuration et du rejet illégal d’eaux usées dans certains de ces cours d’eau. Ces derniers sont classés comme étant modérément pollués. Lors des prélèvements d’automne, un stress biologique a été mesuré en amont des ruisseaux Hadera, Alexander, Yarkon et Sorek, où une diminution de la concentration d’oxygène dissous dans l’eau a été observée, atteignant des niveaux de déficit en oxygène (anoxie). Cette situation est due à un excès d’engrais, provoquant une prolifération d’algues microscopiques qui consomment rapidement l’oxygène. Cette diminution de l’oxygène s’accompagne généralement de la mort des poissons de rivière et de signalements de poissons morts sur les plages.
Ces dernières années, on a constaté une baisse des concentrations de phosphate dans les eaux de Kishon, apparemment due à une amélioration du traitement des eaux usées industrielles. Depuis 2023, une contamination anormale à l’arsenic, d’origine inconnue, a été détectée au fond de la marina de Tel Aviv. Ce phénomène s’est reproduit en 2024. Cette année-là, des quantités anormalement élevées d’arsenic ont été relevées dans la marina de Tel Aviv, le port de HaYuvel et le fleuve Lachish. Une contamination à l’argent est apparue dans le port de Haïfa, le bassin d’Hadera et le sud d’Herzliya. Des concentrations modérées de DDT et de PCB, métaux lourds, ont également été mesurées dans plusieurs bassins et ports. Déchets marins et côtiers Fortes concentrations de plastique : ce constat se répète chaque année. Le plastique représente la principale composante des déchets côtiers : environ 60 % sur les côtes du sud et près de 90 % sur celles du centre et du nord.
Diminution de la proportion de sacs plastiques sur les plages : depuis 2021, on observe une tendance à la baisse de la proportion de sacs plastiques parmi tous les déchets présents sur les plages. Cette amélioration pourrait être due aux actions menées par le ministère de la Protection de l’environnement, telles que la loi sur les sacs et le programme « Plages propres ». Vestiges de la période Covid : en 2023, des articles liés à la pandémie de Covid-19, comme des gants et des masques jetables, étaient encore présents sur les plages, mais en quantité nettement inférieure à celle des deux années précédentes. En 2024, aucun article lié à la pandémie n’a été trouvé. Origine des déchets : pour les déchets dont l’origine peut être déterminée (principalement les emballages et les sacs), entre 50 % et 90 % des déchets plastiques produits en Israël se situaient sur les côtes du centre et du nord.
En 2024, une augmentation des déchets locaux a été constatée sur la moitié des plages échantillonnées. Déchets marins – À des profondeurs de 40 et 80 mètres, des déchets composés principalement de sacs plastiques ont été détectés (environ 70 % des déchets). Les déchets de pêche (filets, cannes à pêche et cordages) représentent environ 10 % des déchets présents sur les fonds marins. Ces déchets sont particulièrement dangereux en raison du phénomène des filets fantômes, qui continuent de piéger des animaux marins et d’entraîner leur mort. Microplastiques flottants – La concentration de microplastiques flottants aux stations de faible profondeur en 2024 était inférieure aux concentrations mesurées depuis le début du suivi en 2019. Dans la plupart des stations, la concentration était inférieure à celle mesurée en Méditerranée occidentale, voire similaire (0,18 à 0,8 particules par mètre carré en Israël contre environ 0,7 en Italie), à l’exception des stations d’Acre et de Haïfa, où la concentration était élevée (1,65 à 2,23 particules par m2).
Microplastiques sur les fonds marins
En 2024, la concentration de microplastiques sur les fonds marins, aux stations côtières proches de l’embouchure du fleuve Kishon, a été multipliée par 100 par rapport aux concentrations mesurées au cours des trois années précédentes. L’origine de cette augmentation est inconnue. À la station située en face de l’embouchure du fleuve Kishon, des granulés de plastique provenant de l’industrie du plastique ont été découverts. Déchets dans les tortues marines En 2024, des déchets plastiques ont été retrouvés dans le tube digestif de neuf tortues sur dix testées. Au total, 106 déchets ont été collectés dans le tube digestif des tortues. Plus de dix déchets ont été trouvés chez sept tortues, tandis qu’aucun déchet n’a été trouvé chez une seule tortue. Contrairement à 2021-2022, aucune concentration supérieure à cent microplastiques n’a été relevée chez une même tortue.
Déchets dans le golfe d’Eilat
Dans le cadre du financement du Système national de surveillance de la Méditerranée, un suivi des déchets est également effectué dans le golfe d’Eilat depuis 2020. Nettoyage des plages d’Eilat – Bien que les plages du golfe d’Eilat soient propres, la concentration de déchets au fond de la baie est bien supérieure à celle des eaux méditerranéennes. Composition des déchets – Contrairement aux déchets méditerranéens, composés principalement d’emballages et de sacs plastiques, à Eilat, la plupart des déchets proviennent de la navigation et de la pêche : cordages, structures métalliques et plombs en béton. La plus forte concentration de déchets se trouve sur la côte nord (zone hôtelière), et provient d’emballages alimentaires et de gobelets jetables. Des déchets de pêche ont été détectés à toutes les stations, malgré les nombreuses restrictions de pêche en vigueur dans le golfe d’Eilat. La concentration de microplastiques sur les plages d’Eilat est restée faible même en 2024. La concentration sur les plages nord (zone hôtelière) est légèrement supérieure à celle de la côte sud (0,5 et 0,1 particule par m2, respectivement). Cependant, les concentrations de microplastiques sur les fonds marins sont similaires à celles mesurées en mer Méditerranée, avec un pic de 366 particules par mètre carré relevé à 30m de profondeur au large des côtes nord. Ces microplastiques pourraient provenir de l’estuaire de Kinet, situé en face de cette station.
Résumé : À l’instar du suivi effectué en 2023, celui de 2024 a été réalisé dans un contexte de nombreuses restrictions liées à la guerre, telles que l’interdiction de prendre la mer et la perturbation des systèmes de navigation GPS, empêchant certaines activités de surveillance, notamment celle des fonds marins. En 2024, le boycott d’Israël a également affecté certains contrôles chimiques, l’obtention de certains réactifs nécessaires aux analyses de laboratoire étant impossible. L’équipe de surveillance a déployé des efforts considérables pour surmonter ces obstacles et assurer la continuité de la collecte d’informations sur le milieu marin.
Le Rapport national de surveillance de la mer Méditerranée 2024 souligne que le milieu marin israélien subit une pression croissante, due à la fois au changement climatique mondial et aux activités humaines locales. Le réchauffement des océans, l’élévation du niveau de la mer, l’acidification, les espèces invasives et la pollution côtière persistante par les métaux et les déchets plastiques constituent un véritable défi pour la stabilité de l’écosystème méditerranéen. Parallèlement, les observations faisant état d’améliorations localisées de la qualité de l’eau et du rétablissement de certaines espèces soulignent l’importance de poursuivre les investissements dans la surveillance, la réglementation et la conservation.
Traduction et adaptation Esther Amar pour Israël Science Info







