Technion : une innovation révolutionnaire pour mesurer la pression artérielle sans brassard gonflable

Des chercheurs du Technion développent un minuscule capteur portable capable de surveiller la pression artérielle sans utiliser le traditionnel brassard gonflable. Cette innovation repose sur une technologie associant des ondes lumineuses et ultrasonores. Elle pourrait, à terme, transformer la manière dont la pression artérielle est mesurée, en permettant un suivi continu tout au long de la journée.
Les mesures classiques présentent des contraintes : elles nécessitent de s’arrêter, de s’asseoir et de placer un brassard autour du bras. Elles ne fournissent donc que des valeurs ponctuelles, alors que la pression artérielle varie constamment selon l’activité physique, le stress et l’état physiologique de chaque individu. Pour résoudre ce problème, les chercheurs développent un dispositif capable d’enregistrer ces variations en permanence.
Lumière et ultrasons
Le dispositif repose sur un capteur optoacoustique miniature utilisant la photonique sur silicium. Son fonctionnement consiste à envoyer de brèves impulsions lumineuses dans les tissus. Lorsque cette lumière est absorbée par le sang, elle provoque la création de minuscules ondes ultrasonores. Le capteur SPADE (Silicon-Photonics Acoustic Detector) détecte ces ondes et mesure les variations du diamètre de l’artère à chaque battement cardiaque. Grâce à un modèle établissant un lien entre la dilatation de l’artère et la pression exercée sur ses parois, les chercheurs peuvent reconstituer la courbe de pression artérielle et en estimer les valeurs. L’originalité de cette technologie réside notamment dans l’utilisation d’un seul capteur, de petite taille et sensible. Contrairement à certains systèmes à ultrasons qui nécessitent plusieurs capteurs et un positionnement très précis, celui-ci reste fonctionnel malgré de légères variations d’angle ou de position. Cette caractéristique pourrait faciliter son intégration dans des objets portables.
Premiers résultats encourageants
Lors des premiers essais réalisés sur des volontaires sains, le capteur a enregistré l’activité artérielle à une fréquence de 100 mesures par seconde. Les résultats ont montré une concordance encourageante avec ceux d’un système de référence. Les chercheurs ont également constaté que les variations de position du dispositif n’altéraient pas fortement la qualité des mesures. Cette fréquence élevée permet d’observer non seulement les valeurs de pression, mais aussi la forme des ondes et leurs variations rapides au rythme cardiaque. Ces informations pourraient contribuer à une meilleure surveillance de la santé cardiovasculaire. Cependant, la technologie reste expérimentale. Les données ont été traitées après leur collecte et le dispositif n’est pas encore capable d’assurer une surveillance médicale autonome en temps réel.
Vers une intégration dans les montres connectées
Les chercheurs envisagent désormais d’intégrer ce capteur dans des montres connectées, des patchs médicaux ou des appareils de surveillance à domicile. Il pourrait notamment faciliter le suivi des personnes souffrant d’hypertension ou de maladies cardiovasculaires. Des études supplémentaires seront toutefois nécessaires pour vérifier sa fiabilité auprès de différentes populations et dans des conditions d’utilisation prolongée. Ainsi, même si ce dispositif ne remplace pas encore les tensiomètres traditionnels, il ouvre une perspective intéressante : passer d’une mesure occasionnelle de la pression artérielle à une surveillance continue, plus pratique et plus détaillée de la santé cardiovasculaire.
L’étude a été menée à la Faculté de génie électrique et informatique Andrew et Arne Viterbi du Technion, sous la direction des professeurs Amir Rosenthal et Daniel Lange, avec la participation du doctorant Gil Gelbert.
Publication dans Nature Communications 17 septembre 2026







