Un blé plus riche : la découverte fabuleuse d’un chercheur israélien tombé à Gaza

Le Dr Zecharia Pessah Haber (de mémoire bénie), tombé au combat à Gaza, a dirigé une étude ayant permis de découvrir un nouveau gène essentiel chez le blé. Alors que le climat de notre planète se réchauffe, comment continuer à cultiver des denrées de base et à nourrir la population mondiale ? La réponse pourrait bien résider dans les ancêtres mêmes de nos cultures. Des chercheurs de l’École des sciences végétales et de la sécurité alimentaire de l’Université de Tel Aviv ont identifié un mécanisme génétique, au sein d’une variété de blé sauvage ancien, qui contrôle la taille des grains et la répartition des nutriments vers les semences. L’étude a été menée par le Dr Zecharia Haber, tragiquement tombé au combat à Gaza avant d’avoir pu achever son doctorat. Sa famille a reçu le diplôme en son nom ; tout comme sa mémoire, ses travaux de recherche perdurent.
Le blé sauvage, l’un des ancêtres du blé moderne, pousse à l’état naturel dans le Croissant fertile. Il se distinguait autrefois par une diversité génétique bien plus vaste que celle des variétés plus récentes. Les processus de domestication et les pratiques agricoles ayant conduit à une uniformisation des cultures, une grande partie de cette variation génétique naturelle a été perdue. Le Dr Haber et ses collègues ont cherché à déterminer si les gènes encore présents chez le blé sauvage pouvaient offrir des pistes pour améliorer ses descendants modernes. La famille du Dr Haber a reçu son diplôme en son nom lors d’une cérémonie émouvante.
À cette fin, ils ont analysé environ 460 lignées de blé sauvage, collectées dans diverses zones climatiques en Israël, et ont comparé leurs caractéristiques génétiques avec le poids, la taille et la composition nutritionnelle des grains. En isolant un gène particulier, les chercheurs ont eu recours à la technologie CRISPR pour le modifier et en comprendre le rôle : lorsque l’activité de ce gène était réduite, les grains de blé devenaient plus gros et plus lourds, tout en présentant une teneur accrue en protéines, en fer et en zinc. « Le blé sauvage constitue un réservoir génétique extraordinaire, façonné par des milliers d’années d’évolution dans des conditions environnementales en constante mutation », Dr Nir Sade
L’étude a également révélé que différentes versions du gène présentent des répartitions géographiques distinctes : l’une est principalement présente dans des zones chaudes et sèches, tandis que l’autre se rencontre dans des régions plus fraîches et plus humides. Cela suggère que ce gène a joué un rôle dans l’adaptation naturelle du blé sauvage à diverses conditions environnementales ; il pourrait donc s’avérer précieux pour le développement de variétés capables de maintenir leur rendement et leur qualité, même dans un contexte de changement climatique.
Selon les chercheurs, le blé sauvage constitue une véritable « bibliothèque génétique » naturelle, susceptible d’offrir de nouveaux outils à l’agriculture moderne. Ces travaux ont été menés par le regretté Dr Haber, en collaboration avec les chercheurs postdoctoraux Dr Devinder Sharma et Dr Manes Prosti – tous issus du laboratoire du Dr Nir Sade, au sein de l’École des sciences végétales et de la sécurité alimentaire ainsi que de l’Institut de recherche sur les cultures céréalières (Faculté des sciences de la vie Wise) – et en partenariat avec des chercheurs de l’Université de Haïfa, de l’Organisation de recherche agricole (Institut Volcani) et de l’Université Ben Gourion. Après le décès tragique du Dr Haber, le laboratoire du Dr Sade a poursuivi ses recherches, aboutissant à une découverte qui pourrait contribuer à répondre à la demande alimentaire croissante à l’échelle mondiale et à relever les défis posés par le changement climatique.
Le Dr Nir Sade, accompagné de l’une des variétés de blé qu’il étudie. (Photo : TAU) Le Dr Nir Sade conclut : « Le blé sauvage constitue un réservoir génétique extraordinaire, façonné par des milliers d’années d’évolution dans des conditions environnementales changeantes. Alors que le changement climatique impose de nouveaux défis à l’agriculture mondiale, la découverte de tels gènes pourrait faciliter la création de variétés offrant un rendement de meilleure qualité, même dans des conditions de culture difficiles. »
Traduit et adapté par Esther Amar pour Israël Science Info






