CETI : l’université de Haïfa participe au développement d’un robot pour comprendre les conversations des baleines

L’université de Haïfa a participé au développement d’un planeur sous-marin autonome pour détecter et suivre les vocalisations des baleines en temps réel. Cette innovation pourrait transformer l’étude de ces mammifères marins en permettant leur observation continue sur de longues périodes.
Dans les profondeurs océaniques, les cachalots communiquent au moyen de puissants clics audibles à plusieurs kilomètres de distance. Jusqu’à présent, l’étude de ces échanges demeurait difficile, car ces animaux passent une grande partie de leur temps à plus de 1 600 mètres de profondeur, effectuant des plongées pouvant durer près de 50 minutes.
Le nouveau système développé par les chercheurs repose sur un planeur sous-marin équipé de quatre hydrophones. Ces capteurs enregistrent les sons produits par les baleines et permettent au robot de déterminer leur direction. Dès qu’il identifie les vocalisations caractéristiques des cachalots, le logiciel embarqué transmet les informations au système de navigation, qui ajuste automatiquement la trajectoire de l’appareil afin de suivre les animaux.
Selon David Gruber, fondateur du projet CETI et professeur de biologie et de sciences environnementales au Baruch College de l’Université de New York, « ce dispositif agit comme un explorateur silencieux capable de parcourir l’océan pendant de longues périodes tout en collectant des données précieuses sur la vie des cétacés« .
Contrairement aux méthodes traditionnelles, qui reposent sur des balises temporaires ou des capteurs fixes, cette technologie permet un suivi actif et continu. Alors que les techniques précédentes ne permettaient de reconstituer les déplacements des baleines qu’après coup, le planeur met constamment à jour sa trajectoire pour rester à proximité d’un même individu ou d’un groupe pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche. Les scientifiques pourront notamment observer plus précisément les interactions sociales des cachalots, leur coordination au sein des groupes ainsi que les mécanismes d’apprentissage des jeunes. Le suivi prolongé des couples mère-baleineau pourrait ainsi fournir des informations inédites sur la transmission des vocalisations et l’acquisition du langage chez ces animaux.
La technologie pourrait également contribuer à mieux comprendre l’impact des activités humaines sur les cétacés. En observant leur comportement face au bruit généré par le trafic maritime, les travaux en mer ou les activités de pêche, les chercheurs espèrent recueillir des données utiles à la mise en place de mesures de protection plus efficaces, comme la réduction de la vitesse des navires ou l’adaptation des routes maritimes dans les zones sensibles.
Malgré son potentiel, le système présente encore certaines limites. Le planeur est capable de déterminer la direction d’une baleine, mais pas sa position exacte, ce qui complique l’identification individuelle des animaux. De plus, il doit régulièrement remonter à la surface afin de transmettre les données et recevoir de nouvelles instructions.
Pour les chercheurs, cette innovation représente néanmoins une étape majeure dans l’étude des cachalots. Au-delà de ses applications pour la conservation des espèces, elle pourrait permettre de mieux comprendre les formes d’intelligence et de communication développées par d’autres êtres vivants sur notre planète.







